jeudi 16 novembre 2017

Seules les femmes sont éternelles, de Frédéric Lenormand

Fiche technique :

Auteur : Frédéric Lenormand
Titre : Seules les femmes sont éternelles
Série / Volume : Loulou Chandeleur, volume 1
Editeur : Editions de La Martinière
Nombre de pages : 286
Date de parution : Novembre 2017


Quatrième de couverture :

Au début de la guerre de 1914, un policier décide de revêtir une identité féminine pour échapper à la mobilisation. Ray Février devient « Loulou Chandeleur », détective privé en bas de soie et chapeau à voilette. Ray-Loulou se rend compte qu’il est aussi bon flic en robe qu’en pantalon, et peut-être meilleur homme qu’auparavant.
Aux côtés de la patronne de l'agence de détectives, la charmante Miss Barnett – qui ne connaît pas son secret –, Loulou enquête sur une intrigante affaire de lettres de menaces. Quand le maître chanteur commence à mettre son plan à exécution et que les meurtres se multiplient, notre étonnant duo plonge dans une succession de surprises et de pièges périlleux.
Entre 1914 et 1918, ce sont les Françaises qui ont fait vivre le pays. Ce roman raconte leur émancipation et la difficulté d’être une femme en temps de guerre... surtout quand on n'en est pas une.


Avis :

Je connaissais Frédéric Lenormand pour sa fameuse série Voltaire mène l’enquête qui mêle avec brio humour, enquêtes et faits historiques. L'auteur signe avec Seules les femmes sont éternelles le premier tome d'une nouvelle série de romans policiers historiques ayant pour cadre la première guerre mondiale, et c'est une belle réussite.

Raymond Février, inspecteur de police efficace et doué d'empathie, est surnommé "le Samaritain". Quand il reçoit son ordre de mobilisation, Ray est désespéré. Bien conscient des ravages de la guerre, il refuse de mourir bêtement au fond d'une tranchée comme tant d'autres. Il veut survivre, quitte à passer pour un lâche, mais peu d'options se présentent à lui pour éviter une incorporation qui semble inévitable. Une rencontre lui apportera la solution : il deviendra femme. Raymond Février est mort, vive Louise Chandeleur ! C'est sous cette nouvelle identité que débutera sa nouvelle vie et sa nouvelle carrière de détective privé(e).

L'histoire d'un homme qui se déguise en femme pour échapper aux horreurs de la guerre peut vous sembler connue. Elle est en effet librement inspirée de l’histoire vraie de Paul Grappe dont la vie a notamment été adaptée à l’écran par André Téchiné (Nos Années folles) et plus récemment en bande dessinée par Chloé Cruchaudet (Mauvais genre). Mais l'inspiration s'arrête au travestissement, l'histoire et l'ambiance de Seules les femmes sont éternelles sont totalement différentes des titres précédemment cités.
L'enquête policière, une sombre histoire de chantage accompagné de morts violentes, est bien menée. Les fausses pistes et les rebondissements sont nombreux, et même si j'ai découvert le coupable assez tôt j'ai eu de nombreux doutes tout au long du déroulé des investigations. Cette enquête est un bon prétexte à l'étude de la société : nos héroïnes parcourent Paris à la recherche de la vérité et nous font ainsi découvrir un monde où les hommes sont progressivement remplacés par les femmes dans (presque) toutes les branches de la société, où la débrouillardise est de mise et où le troc s'organise. Cette description de la vie quotidienne en 1914 est vivante et passionnante, j'ai adoré !
Autre point fort du roman, les personnages ! Ceux-ci sont vraiment bien croqués, j'ai trouvé les personnages principaux attachants et j'ai beaucoup aimé les relations qui s'instaurent entre Loulou, qui peine à entrer dans son rôle de femme, et sa patronne Cecily, jeune et naïve, qui interprète de travers tous les signes comportementaux de son enquêtrice.
L'humour est omniprésent. Il balance entre ironie et cynisme, mais le résultat est là : le lecteur a le sourire aux lèvres tout au long de sa lecture. Une certaine gravité ambiante est également présente, certains faits ou réflexions de Ray/Loulou donnent à réfléchir, mais l'humour prédomine largement. La plume de l'auteur est agréable à lire, c'est rythmé et très intéressant, les pages défilent sans que l'on s'en aperçoive.

Pour conclure, je vous laisse méditer sur ces quelques lignes extraites du roman en espérant vous avoir donné envie de découvrir cette excellente histoire. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire Seules les femmes sont éternelles et j'ai hâte de retrouver nos deux héroïnes dans une nouvelle enquête.
« Le pire dans cette guerre n'était pas les combats, les privations, les destructions, les blessures ; c'était ce qu'elle faisait aux gens à l'intérieur. Ces malheurs arrivaient par l'inertie du peuple. L'abattoir n'existait que par le consentement des veaux. La catastrophe ne s'imposait à nous que par le nombre de ceux qui l'acceptaient, telle était la vraie lâcheté. Le renoncement de la masse créait l'abîme, cet abîme n'existait que parce que nous le voulions bien. La lâcheté créait de la résistance. Il avait davantage raison que ceux qui avaient dit oui au massacre : il était en vie.
Il n'avait tué personne en refusant d'aller se faire tuer. Il avait échangé un mort de moins contre une femme de plus. Il n'y avait là rien d'infamant pour la société, une femme vivante valait bien un soldat mort.
»



jeudi 9 novembre 2017

Le camp des autres, de Thomas Vinau (#MRL17)

Fiche technique :

Auteur : Thomas Vinau
Titre : Le camp des autres
Editeur : Alma éditeur
Nombre de pages : 200
Date de parution : Août 2017


Quatrième de couverture :

Gaspard et son chien s'enfuient dans la forêt.
L'enfant a peur, il a froid, il a faim, il court, il trébuche, il se cache. Il est blessé. Un homme le recueille. Qui est ce Jean-le-blanc ? Un sorcier, un contrebandier, un professeur ? Avec lui, et d'autres récalcitrants - ceux de la caravane à Pépère qui défraya la chronique au début de XXe siècle - Gaspard va découvrir la vie en marchant sur le monde.

« Je l'ai gardée au chaud cette histoire qui poussait, qui grimpait en nœuds de ronces dans mon ventre en reliant, sans que j'y pense, mes rêves les plus sauvages venus de l'enfance et le muscle de mon indignation. Alors j'ai voulu écrire la ruade, le refus, le recours aux forêts », explique Thomas Vinau à propos de ce quatrième roman puissant, urgent, minéral.


Avis :

A la fois poète et romancier, Thomas Vinau a une plume particulière que j'ai découverte il y a quelques années avec La part des nuages que j'avais bien apprécié. C'est donc avec beaucoup d'attentes que j'ai commencé son nouveau roman : je n'ai pas été déçue par ma lecture, loin de là !

Le camp des autres est une très belle histoire, simple et lumineuse, qui nous parle de rencontres, d'entraide et de liberté. Un jeune garçon courageux et maltraité, un chien blessé, un ermite impressionnant, des tsiganes et des brigands, la forêt accueille en son sein tout un monde d'exclus et de marginaux qui cohabitent en suivant des règles simples, différentes de celles de la société "normale". La découverte de ce monde bien particulier a des allures de quête initiatique pour le jeune Gaspard. Il en prend plein les yeux et le lecteur également.
Avec ses chapitres extrêmement courts (deux pages, rarement trois), Thomas Vinau nous entraîne sur un rythme effréné au cœur de la forêt et de la caravane des exclus. Le style de l'auteur est percutant, c'est un mélange de descriptions et de dialogues sans ponctuation. Cela peut sembler déroutant, mais on s'y habitue très rapidement. Les émotions surgissent facilement du texte : la peur, l'urgence, puis le calme, la curiosité et le sentiment de liberté, que tout est possible... le lecteur est en phase avec le héros de l'histoire, le rythme de la lecture se calquant sur celui du jeune Gaspard. Les images sont belles, les faits sont passionnants, j'ai passé un très bon moment avec cette lecture.

J'ai pu lire Le camp des autres grâce à l'opération Les matchs de la rentrée littéraire (#MRL17) organisé par PriceMinister-Rakuten. Un grand merci à PriceMinister-Rakuten et aux éditions Alma pour cette très belle occasion.
 
 
 
 
 

dimanche 5 novembre 2017

Fantasy en Beaujolais 2017 : un salon placé sous le signe de l'après-mort



"Après la mort", voici une thématique riche et lugubre, digne d'un mois de novembre 😉 Le week-end prochain aura lieu le festival Fantasy en Beaujolais à Crêches-sur-Saône (Saône-et-Loire). J'y suis allée à deux occasions, et ce fut un plaisir à chaque fois. J'ai donc hâte d'y retourner cette année, d'autant plus que la liste des auteurs invités est vraiment impressionnante, il y en a pour tous les goûts...


DATES ET HORAIRES :

Samedi 11 novembre 2017, de 10h à 18h
Dimanche 12 novembre 2017, de 10h à 18h
 
 
LIEU PRINCIPAL :
 
Ferme Joug Dieu
RN6
71680 Crêches-sur-Saône
 
 
TARIF :
 
Entrée gratuite
 
 
AU PROGRAMME :
  • Dédicaces
  • Conférences
  • Concerts
  • Jeux
Le programme détaillé peut être consulté ICI 😊

vendredi 3 novembre 2017

Challenge "Gourmand #8"



J'aime tellement le challenge Gourmand organisé par titepomme sur le site Livraddict que je me suis inscrite pour une nouvelle cession. Pour cette huitième édition nous devons trouver les pommes qui seront consommées dans nos lectures...
 
 
Le principe :
 
Lire, tout simplement, et au gré de nos lectures débusquer les aficionados de pommes.
Pour gagner un point, il faudra signaler la phrase et le livre dans lequel nous l'avons trouvé. Un seul point ou une seule mention par livre.
Les albums, mangas, BD et ebooks comptent également. Par contre pas les livres de recettes !! ^_^
Le mot pomme doit être nommé textuellement. Exceptionnellement, la pomme peut être citée par sa variété (api, boskop, reinette, golden etc.).
 
 
Durée :
 
Du 1er novembre 2017 au 30 avril 2018.
 
 
Inscription :
 
Sur le forum Livraddict, dans le fil de la discussion.
 
 
Vous trouverez ci-dessous mes lectures effectuées dans le cadre de ce challenge, avec la phrase adéquate :
 

Le gratuit du vendredi : Alan Lambin et le fantôme au crayon, de Jean-Marc Dhainaut

Fiche technique :
 
Auteur : Jean-Marc Dhainaut
Titre : Alan Lambin et le fantôme au crayon
Série / Volume : Alan Lambin, hors-série
Editeur / Collection : Taurnada éditions / Fantastique 
Nombre de pages : 36 (ebook)
Date de parution : Octobre 2017
 
 
Présentation éditeur :
 
Six ans avant La Maison bleu horizon, Alan Lambin était déjà confronté à l'impensable. 
Une enquête inédite explorant le monde du paranormal avec sensibilité et émotion...
 
 
Avis :
 
Il y a quelques mois, j'avais lu et adoré La Maison bleu horizon de Marc Dhainaut, une histoire de chasse aux fantômes riche en frissons et en émotions. Alors quand j'ai vu que les éditions Taurnada nous offraient à l'occasion d'Halloween une nouvelle mettant en scène Alan Lambin, le héros de ce magnifique roman, je l'ai téléchargée sans me poser de questions !

Alan Lambin et le fantôme au crayon est une nouvelle qui se peut se lire indépendamment du roman La Maison bleu horizon. Il s'agit d'une enquête paranormale qui a tellement marqué le héros qu'il l'évoque brièvement dans le roman. Donc si vous avez lu le roman vous serez heureux de découvrir cette histoire dans le détail, et si vous n'avez pas encore lu La Maison bleu horizon il s'agira pour vous d'une sympathique entrée en matière qui vous fera découvrir le héros et ses méthodes de travail.

Un jeune garçon disparu il y a quelques années, une mère éplorée grugée par un faux médium, il n'en faut pas plus pour qu'Alan Lambin se décide à intervenir. Proposant son aide à la jeune maman, il ne se doute pas qu'il va faire la plus incroyable des rencontres...
Alan Lambin et le fantôme au crayon, ce fut dans un premier temps la chair de poule qui m'a saisie dès les premiers paragraphes. Puis sont venus les frissons et l'émotion. Jean-Marc Dhainaut arrive à nous plonger dans son univers en quelques lignes, les pages tournent frénétiquement et c'est déjà la fin... L'histoire est très belle, elle est complète et se suffit à elle-même, mais j'ai tellement été prise par l'ambiance et la plume de l'auteur que j'aurais aimé en lire encore quelques pages, cent ou deux cent minimum 😉
En attendant de pouvoir lire une nouvelle enquête mettant en scène Alan Lambin, ce que j'espère de tout mon cœur, je vous recommande chaudement cette nouvelle qui devrait vous charmer, je n'en doute pas.


Modalités de téléchargement :
 
La nouvelle est disponible gratuitement et sans inscription sur le site des éditions Taurnada, aux formats epub, kindle et pdf  ICI 
 
Profitez donc de l'occasion pour découvrir la plume de Jean-Marc Dhainaut, je suis certaine que vous succomberez ensuite à La Maison bleu horizon.