mardi 17 avril 2018

Ar-Men, l'enfer des enfers par Emmanuel Lepage (#1Blog1BD)

Fiche technique :

Auteur : Emmanuel Lepage
Titre : Ar-Men, l'enfer des enfers
Editeur : Futuropolis
Nombre de pages : 96
Date de parution : Novembre 2017


Présentation éditeur :

Au large de l’île de Sein, à la pointe Finistère, Ar-Men émerge des flots. Construit en 1867 on surnomme ce phare mythique « L’enfer des enfers ». Sa lumière veille les navires, et les protège des récifs menaçants. Les hommes se sont succédés pour l’entretenir, sentinelles d’une côte déchiquetée que les marins redoutent.
Germain, dans les années 1960, est l’un de ces gardiens téméraires et solitaires. Dans l’édifice isolé, contre vents et marées, il a trouvé son exacte place, emportant là ses blessures et son abandon d’une vie sur terre, avec les autres hommes.


Avis :

Quelle claque cette bande dessinée !! Je l'ai lue par curiosité, un peu par hasard, et je ne regrette absolument pas. J'ai adoré le thème et son traitement, mélange de fiction et de documentaire, c'est absolument passionnant et instructif.


Ar-Men, surnommé « L’enfer des enfers », est le phare le plus exposé et le plus difficile d'accès de Bretagne, c'est-à-dire du monde. Construit à la pointe ouest de la Bretagne, à l'extrémité de la chaussée de Sein, entre 1867 et 1881, il culmine à 33,50 m au dessus de la mer. Occupé par des gardiens qui se relayaient une fois à deux fois par mois, le phare a été automatisé en 1990.

En nous faisant suivre le quotidien de deux gardiens de phare dans les années 1960, Emmanuel Lepage nous plonge au cœur de la Bretagne. Il nous fait découvrir les légendes locales (en particulier Ys, la légendaire cité engloutie par la mer), la vie quotidienne des îliens et des marins au fil des époques, la beauté des lieux et les dangers de la mer. Plusieurs histoires s'entremêlent, et si j'ai été légèrement perdue pendant les premières pages de la lecture j'ai rapidement trouvé mes marques.
L'histoire des gardiens est émouvante, leur vie quotidienne à l'intérieur du phare est difficile et réglée comme du papier à musique. Isolés "au bout du monde", à la merci des éléments déchainés, ils ne peuvent bien souvent compter que sur eux-mêmes.
Quant à l'histoire de la construction du phare au XIXème siècle, elle est passionnante. Ce fut une entreprise folle, titanesque, un travail de fourmis dans un environnement plus qu'hostile et des conditions extrêmes. J'ai énormément appris pendant la lecture, et cela m'a donné envie d'en apprendre encore plus une fois la dernière page tournée.
 
Les illustrations collent parfaitement bien à l'histoire. Il n'y a pas beaucoup de petits détails, les traits ne sont pas nets, mais je trouve quand même les dessins magnifiques. Ils rendent parfaitement bien compte de la violence des éléments déchainés ou du calme de la mer au petit matin. La mise en couleurs est sublime, il y a un mélange de sépia, de noir et blanc, de couleurs pastels ou vives, presque criardes, suivant les époques ou les histoires racontées.  
 
Que vous soyez intéressés ou non par l'histoire maritime, ,je vous recommande chaudement cette bande dessinée qui saura vous emporter dans « L’enfer des enfers ». Un immense merci aux éditions Futuropolis ainsi qu'au groupe PriceMinister - Rakuten pour cette magnifique lecture faite dans le cadre de l'opération l'opération #1Blog1BD.



jeudi 12 avril 2018

Les silences de Lucie, par Alice Pasina

Fiche technique :
 
Auteur : Alice Pasina
Titre : Les silences de Lucie
Editeur / Collection : Incartade(s) éditions / Littérature française
Nombre de pages : 347
Date de parution : Janvier 2018
 
 
Quatrième de couverture :
 
Derrière l’apparence d’un bonheur lisse et idéal, que sait-on vraiment de l’intimité d’un couple ?
Quatre beaux enfants, un mariage solide, un joli pavillon et une carrière d’institutrice dans laquelle elle s’investit au-delà de sa salle de classe, Lucie mène une vie trépidante, totalement dévouée aux autres, où elle se réserve néanmoins quelques précieux moments de liberté.
Lucie a tout pour être heureuse, à moins que… Dès que Ludovic, son mari, rentre du travail, il semble attendre qu’elle se plie au moindre de ses désirs. Lucie est-elle en danger dans cette relation trouble ?
Et quel est ce lourd secret qui la hante depuis l’enfance ? Le miroir aux illusions va bientôt voler en éclats.
 
 
Avis :
 
L'auteure Alice Pasina m'a bluffée avec Les silences de Lucie. Pour un premier roman, c'est une vrai réussite ! Partant d'un sujet difficile, la violence quotidienne faite aux femmes, Alice Pasina nous livre un récit sensible et intelligent, sans céder à la facilité.
 
Ecrit à la première personne du singulier, Les silences de Lucie nous plonge directement dans le quotidien et les pensées de l'héroïne éponyme : son travail d'institutrice dans un quartier difficile, son investissement social pour aider les familles menacées de violences domestiques ou de reconduite aux frontières, sa passion pour les biographies d'artistes italiens de la Renaissance... mais également la monotonie de sa vie auprès de ses enfants et de son époux et l'impression qu'elle a de mourir à petit feu. Peu à peu, le malaise s'installe. Son apparente vie idyllique se fissure, la violence se dévoile, les souvenirs douloureux remontent à la surface. Et puis le doute apparait, les certitudes disparaissent, au point que le lecteur ne sait plus s'il peut continuer à croire ce que raconte Lucie...
 
La plume d'Alice Pasina est agréable à lire : simple, sans chichis, on a l'impression qu'une amie nous raconte son histoire, tout simplement. Les pages défilent sans que l'on s'en rende compte tellement est grande l'envie d'en apprendre davantage. Les révélations, les secrets de famille et le malaise qui s'installe de manière insidieuse donnent un roman sous tension, palpitant. Ce n'est pas un thriller, mais l'effet sur le lecteur est le même. Une réussite, je vous l'ai dit !
 
Un immense merci aux éditions Incartade(s) pour ce partenariat. Je vous recommande chaudement ce premier roman, et je peux vous affirmer qu'Alice Pasina fait désormais partie de ces auteurs dont je lirais les prochains écrits sans hésiter.



mardi 3 avril 2018

Sauvons France Loisirs !



Fondé en 1970, le Club France Loisirs connaît en ce moment de très grandes difficultés. En redressement judiciaire depuis décembre 2017, l'entreprise bénéficie d'une période d'observation de six mois. Un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) est mis en œuvre, avec la suppression de 450 emplois. Si la situation ne s'améliore pas d'ici fin mai 2018 France Loisirs va disparaître, avec à la clef des milliers de chômeurs supplémentaires et une partie du monde de l'édition française fragilisée (à nouveau !).
 
Une pétition est en ligne pour essayer de faire bouger les choses. Si vous souhaitez participer, cela prend 30 secondes : un clic sur le lien, vos nom, prénom et adresse mail à renseigner, et puis c'est tout.
 
Je ne sais pas si cette pétition aura beaucoup d'effet, mais au moins elle a le mérite d'exister. Leurs auteurs expliquent clairement la situation et les enjeux, lisez-la c'est vraiment instructif. Et si vous la signez vous montrerez aux salariés de France Loisirs qu'ils ne sont pas seuls à combattre pour la survie de l'entreprise.
 
Personnellement, je suis adhérente France Loisirs depuis ma majorité, dans les années 90. Cela fait donc un bon bout de temps. Mes parents, et mes grands-parents avant eux, étaient adhérents France Loisirs. Personne n'a jamais trouvé à s'en plaindre, au contraire. Le choix de livres est important et il y en a pour tous les goûts. Avec chaque trimestre des exclusivités, des avant-premières, des rééditions de classiques, les livres dont tout le monde parle ou les titres plus confidentiels qui ne demandent qu'à être découverts. Le choix éditorial est toujours intéressant, j'ai rarement été déçue. Et quand je ne savais quoi lire j'ai toujours été conseillée par un personnel accueillant et attentif qui m'a souvent convaincue de sortir de ma zone de confort, avec succès.
J'ai beaucoup déménagé ces vingt dernières années, j'ai donc eu l'occasion de faire mes achats dans de nombreuses boutiques France Loisirs, et à chaque fois j'ai été conquise par l'attention portée aux clients. Les boutiques sont chaleureuses et les animations sont nombreuses. Le personnel aime lire et partage sa passion avec enthousiasme. C'est quelque chose que l'on rencontre rarement dans les grandes chaînes culturelles, et c'est bien dommage car c'est agréable d'être conseillé par un professionnel comme dans une petite librairie traditionnelle.
 
France Loisirs est un club vivant et chaleureux, qui se démène pour les lecteurs. Ce serait tellement dommage qu'il disparaisse, alors ne l'abandonnons pas !



dimanche 1 avril 2018

Planning des conférences / rencontres / dédicaces à Lyon - Avril 2018

Nos chers libraires lyonnais nous ont concocté un programme alléchant pour ce mois d'avril, il serait dommage de s'en priver. Voici donc le planning des rencontres proposées, et comme d'habitude un petit clic sur le nom d'une librairie vous transportera directement sur son site officiel pour obtenir plus de détails.

  • Philippe Grimbert et Laure Monloubou - Dédicace - Samedi 14 avril à 16h
  • Jean-Christophe Rufin - Rencontre / Dédicace - Vendredi 20 avril à 18h
  • Bernard Soupre - Dédicace - Samedi 21 avril à 16h
  • Boris Gobille - Rencontre / Dédicace - Mardi 24 avril à 18h
  • Jean-Claude Reverchon - Dédicace - Vendredi 27 avril à 17h30
 
  • Tak-hwan Kim - Rencontre - Jeudi 5 avril à 18h
 
  • Ludivine Stock - Rencontre / Dédicace - Samedi 7 avril à 16h
  • Nicolas Merrien - Rencontre / Dédicace - Samedi 21 avril à 16h
  • Baptiste Payen et Combet - Dédicace - Vendredi 27 avril à 17h30
 
  • Donato Carrisi - Dédicace - Samedi 7 avril à 14h
  • Nicko Tackian et Camilla Grebe - Rencontre / Dédicace - Samedi 7 avril à 14h
  • Sophie Chabanel, Jacky Schwartzmann et Cyril Herry - Rencontre - Samedi 7 avril à 15h30
  • Solène Bakowski et Marc Voltenauer - Rencontre - Samedi 7 avril à 17h
  • Isabelle Carre - Rencontre - Lundi 9 avril à 17h30
  • Regis Wargnier - Rencontre - Vendredi 20 avril à 17h30
 
  • Philippe Manœuvre - Rencontre / Dédicace - Jeudi 26 avril à 17h45
 
  • Pete Fromm - Rencontre - Jeudi 5 avril à 19h
  • Bernard Lahire - Rencontre - Mercredi 18 avril à 19h
  • Etienne Gerin - Dédicace - Samedi 28 avril de 16h à 19h

La page suivante :
  • Catherine Simon - Rencontre - Mercredi 25 avril à 19h

La Virevolte :
  • Gioacchino Criaco - Rencontre - Samedi 7 avril à 14h
  • Valérie Rouzeau - Rencontre - Jeudi 26 avril à 19h

La voix aux chapitres :
  • Emmanuelle Guattari - Rencontre - Jeudi 5 avril à 19h30
  • Christos Ikonomou - Renconte - Jeudi 26 mars à 19h30
 
  • Luca di Fulvio - Rencontre (soirée de lancement de son nouveau roman) - Vendredi 6 avril à 20h30
 
  • Collectif de la Grande Côte - Rencontre - Mercredi 4 avril à 19h
  • François Guillemot - Rencontre - Samedi 7 avril à 15h
  • Todd Shapard - Rencontre - Jeudi 12 avril à 19h
  • Maxime Abolgassemi - Rencontre - Samedi 14 avril à 15h
  • Françoise Guérin - Rencontre - Samedi 28 avril à 17h



 

lundi 26 mars 2018

Urbanités coréennes : comprendre les villes coréennes par les films

Fiche technique :

Auteurs : Valérie Gelézeau et Benjamin Joinau
Titre : Urbanités coréennes. Un "spectateur" des villes sud-coréennes
Editeurs : L'Atelier des Cahiers Editeur / Cité de l'architecture et du patrimoine
Nombre de pages : 208
Date de parution : Octobre 2017


Présentation éditeur :

Quelles questions la Corée soulève-t-elle sur l’essence de ce qui fait la ville ? En quoi l’histoire urbaine de Séoul nous instruit-elle sur notre propre conception de la modernité ? Pourquoi ne construirait-on pas des grands ensembles au cœur de la ville ? Et si le droit à une vue dégagée depuis son appartement était aussi important que la protection des vieilles pierres qui sommeillent au cœur des centres historiques ? Que nous dit de la société coréenne l’esthétique des villes, des corps qui les habitent aux monuments qui les structurent ? Des mégacentres commerciaux aux espaces marginaux des jardins potagers, quels sont les nouveaux lieux de sociabilité des citadins?
Voilà quelques-unes des questions qui ont été chaudement débattues au cours des quatre journées du forum « Urbanités coréennes » tenu à la Cité de l’architecture et du patrimoine à Paris en avril 2016. A partir de onze films et documentaires, architectes, chercheurs et créateurs français et coréens ont interrogé les cultures urbaines en Corée, dans toute leur diversité. Cet ouvrage en restitue l’essentiel sous une forme originale.
Tout comme les Anglo-Saxons publient des « lecteurs » (readers) qui sont des anthologies de ce qu’il faut avoir lu sur une thématique particulière, nous proposons ici un « spectateur » (viewer) critique des films qu’il faut avoir vu pour comprendre la ville sud-coréenne


Avis :

Un grand merci au site Babelio ainsi qu'aux éditions L'Atelier des Cahiers pour cette belle découverte faite dans le cadre de l'opération Masse critique. Exceptionnellement la chronique est signée J., mon cher et tendre qui a lu Urbanités coréennes avec beaucoup d'intérêt.

2016 était l’année de la Corée en France. En avril de cette année s’est tenu le forum « Urbanités coréennes » où architectes, chercheurs, créateurs français et coréens ont étudié les cultures urbaines du pays à partir de films et de documentaires. Les tables rondes du forum dont l’ouvrage est une recension se sont basées sur 8 documentaires et 3 films.

Urbanités coréennes se divise en quatre chapitres. Le premier étudie Séoul comme symbole de la modernité depuis les années 1960. Le deuxième chapitre s’intéresse aux grands ensembles architecturaux construits en Corée à travers des documentaires qui les remettent en question. Le troisième analyse le phénomène des apateu danji (= "complexes d'appartements"), des « barres » d’immeubles comme celles construites en France durant les Trente Glorieuses ; à la différence de la France, pour les Coréens ils sont encore un signe d’ascension sociale et font l’objet de spéculations. Enfin, le dernier chapitre parle des marges urbaines et de l’agriculture urbaine, mouvement que les autorités ne prennent encore que peu en compte.

Le style de l’ouvrage est assez simple et facile à comprendre, seuls quelques passages sont inutilement compliqués. Cet ouvrage contient une riche iconographie avec de nombreuses photographies de paysages urbains de métropoles coréennes ou d'extraits de films / documentaires. Cependant je les trouve un peu petites. L’originalité de ce livre universitaire est qu’il est multi support : les auteurs utilisent souvent des QR Codes pour renvoyer à des vidéos (films et documentaires en intégralité ou leurs bandes-annonces) ou des sites internet. De même, les auteurs proposent à la fin du livre une bibliographie scientifique, quelques titres de romans et de bandes dessinées (manhwa) ainsi qu'une sélection de films "grand public" et de documentaires comme compléments sur le sujet. Chacun est résumé et les auteurs en font un petit commentaire.

Enfin, pour l’anecdote, j’ai compris grâce à ce livre le « Gangnam Style » du chanteur PSY : Gangnam est le quartier riche de Séoul, là où se fait la mode branchée coréenne.