vendredi 28 avril 2017

Dormeurs, d'Emmanuel Quentin

Fiche technique :
 
Auteur : Emmanuel Quentin
Titre : Dormeurs
Editeur : Le peuple de Mü
Nombre de pages : 299
Date de parution : Mai 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
Il en est des rêves comme de la vie. Comment les traverser, comment les affronter ? On peut être endormi et se rêver poète, espion, astronaute, plongeur, aventurier, voyageur le long des côtes, sur la route, sombrant dans n’importe quel abîme ou contournant les obstacles.
Dans une société dévastée par une crise économique sans précédent, des « Dormeurs professionnels » ont été sélectionnés pour la richesse structurelle de leurs rêves. Fredric Jahan est l’un d’eux. Les images de son sommeil, enregistrées à l’aide de capteurs nanotechnologiques pour une clientèle fortunée, caracolent en tête des ventes. Mais un jour, ses rêves, trop réalistes, ne s’enregistrent plus…
 
 
Avis :
 
Dormeurs est un premier roman passionnant, à cheval sur plusieurs genres. Science-fiction, anticipation et thriller, le mélange est vraiment réussi ; que vous soyez ou non familier avec ces genres littéraires, vous apprécierez ce roman, je vous le garantis !
 
Nous sommes en 2017 et le monde a connu une grave crise économique : chômage de masse, désengagement de l'Etat, augmentation de la violence et des inégalités sociales... cela vous rappelle quelque chose ? Sauf que le monde présenté dans le roman est plus évolué technologiquement que le notre. Un chouia plus évolué. De la nanotechnologie permet d'enregistrer les rêves qui, retouchés, sont vendus à une clientèle aisée friande d'évasion. Fredric est l'un des rares dormeurs professionnels en activité en France, et ses rêves de qualité lui permettent de bien gagner sa vie. Jusqu'au jour où un cauchemar l'assaille. Un cauchemar dérangeant et réaliste, habité par un homme en rouge. Un cauchemar qui continue de le poursuivre une fois éveillé, et qui ne s'est pas enregistré. A partir de ce moment là l'existence de Fredric va prendre une tournure inattendue, mais je ne vous en dirais pas plus...
 
Avec Dormeurs, vous allez aller de surprises en surprises. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce roman, et je dois dire que je ne suis pas déçue. Je l'ai dévoré d'une traite, emportée par l'action et le suspense constants. Le récit est fait à la première personne, dans un style familier agréable à lire. Les chapitres sont relativement courts, parfois entrecoupé d'articles de journaux ou de courriers. Les rebondissements sont nombreux et inattendus, impossible de prévoir où l'auteur va nous mener... J'ai suivi le parcours du héros avec beaucoup d'intérêt, j'ai frissonné et je me suis interrogée avec lui, j'ai été surprise, choquée ou attristée, et cela jusqu'à la dernière page. J'ai trouvé la fin un peu abrupte à mon goût, mais elle s'inscrit parfaitement bien dans la logique de l'histoire. Pour un premier roman, c'est clairement une réussite ! Je n'aurais aucune hésitation à suivre Emmanuel Quentin, j'ai même hâte de découvrir son prochain roman... cela tombe bien, il sort début juin 2017 !
 
 
 
 

mercredi 26 avril 2017

Il ne nous reste que la violence, d'Eric Lange

Fiche technique :
 
Auteur : Eric Lange
Titre : Il ne nous reste que la violence
Editeur / Collection : Editions de la Martinière / Littérature
Nombre de pages : 192
Date de parution : Avril 2017
 
 
Quatrième de couverture :
 
Après mon premier crime, j’avais commencé à voir notre société différemment. Où que je regarde, le miroir s’inversait. Des esclaves fabriquaient nos ordinateurs, des enfants cousaient nos vêtements, les profits des guerres assuraient la rentabilité de notre livret A.
Nos bagues de fiançailles brillaient de diamants sanglants, mon voisin perdait son travail, sa vie, pour un actionnaire anonyme. Un vieillard était mort, seul dans une chambre, juste au-dessus de chez moi...
On s’offusquait un peu, mais pas tant que ça, parfois pas du tout. On vaquait à nos petites affaires, nos vies allant tranquillement sur ces champs de cadavres.
Et on ne la cachait pas, cette violence. Elle était notre environnement naturel. On l’enseignait à nos enfants.
Dont acte.
Je pouvais tuer une deuxième fois.
 
 
Avis :
 
Dans un monde régit par les multinationales, où les êtres humains ne sont plus considérés que comme des chiffres, des variables d'ajustement, quel recours reste-t-il à celui qui va tout perdre, son travail et le semblant d'existence qu'il a pu se créer ? Eric Lange nous livre ce qui pourrait être sa réponse dans ce court roman noir, glaçant tant il est réaliste.
« J'avais moi aussi pris conscience de la violence du monde. Mais [...] je n'avais pas décidé de la combattre. Je savais que la lutte était perdue d'avance, qu'il fallait subir en se berçant d'utopies ou entrer dans la danse et rester debout. »
Pendant une année, entre septembre 2000 et septembre 2001, un animateur radio va nous faire partager les moments importants de son quotidien. Trentenaire parisien tout ce qu'il y a de plus normal, son existence va basculer le jour où il va prendre conscience de la précarité de sa situation...
Ecrit à la première personne, ce récit bluffant, réaliste et sans complaisance pour le monde actuel, nous plonge au cœur de l'âme humaine et nous fait prendre conscience des mécanismes de survie dans nos sociétés modernes dites civilisées. Avec son "héros" amoral et glaçant (qui pourrait très bien être un collègue, un voisin ou un ami), ses courts chapitres et son style percutant, Il ne nous reste que la violence m'a happée dès les premières lignes. Je l'ai dévoré d'une traite, incapable de lâcher le roman avant la fin, et quelle fin ! Rien que d'y penser, j'en frissonne encore. Ce roman m'a fait une très forte impression, je ne suis pas prête de l'oublier, d'autant plus que les nouvelles quotidiennes - françaises ou internationales - ne peuvent que me le rappeler en permanence... Ne passez pas à côté de cette lecture, ce serait vraiment dommage !



 

lundi 24 avril 2017

La fille poisson, de Xiang Hua

Fiche technique :
 
Auteur : Xiang Hua
Illustrations : Studio One
Traducteurs : Nicolas Henry et Si Mo
Titre : La fille poisson
Editeur / Collection : Les éditions Fei / Jeunesse - Minorités
Nombre de pages : 40
Date de parution : Mars 2016
Public concerné : A partir de 4 ans
 
 
Quatrième de couverture :
 
Tous les matins, Orgabouche attrape un tout petit poisson rouge dans son filet troué. Un beau jour, il décide de l'amener chez lui, et c'est alors que sa vie va totalement basculer...
 
 
Avis :
 
Avec leur collection Minorités, les éditions Fei souhaitent faire découvrir aux plus jeunes la diversité culturelle chinoise à travers les contes et légendes des 56 ethnies qui composent le pays. La fille poisson est un conte de la minorité Lisu, un peuple vivant dans le Yunnan (sud-ouest de la Chine), mais également en Birmanie et en Thaïlande. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire et à le contempler. Un grand merci aux éditions Fei et au site Babelio pour cette très belle découverte !
 
Ce livre de conte est tout d'abord un très bel objet : une couverture rigide entoilée, un papier de qualité épais et extrêmement agréable au toucher et des illustrations couleur pleine page en font un album qui trônera fièrement dans n'importe quelle bibliothèque.
 
Les illustrations sont sublimes, avec un trait délicat et des couleurs douces. Je les ai adorées, elles fourmillent de détails et invitent au voyage et à la contemplation.
 
  
 
Le texte est inséré dans les illustrations de façon harmonieuse, il ne les masque pas mais épouse leurs formes la plupart du temps. Le conte en lui-même est court et plutôt triste, personnellement je ne le conseillerais pas à des enfants de 4 ans, cela me semble un peu juste... A partir de 6 ou 7 ans plutôt ? Il y a de la magie, de la trahison, du rejet et des regrets... et aucune fin heureuse ! Ce n'est pas du Disney, mais un vrai conte traditionnel  avec ce qu'il faut d'épreuves et de malheurs pour faire prendre conscience de ce qui est important dans la vie.
 

Une brève présentation du peuple Lisu et une petite fable complètent ce très bel album qui donne envie d'en découvrir plus sur cette ethnie.
 
J'ai vraiment apprécié cette lecture, délicate et poétique. J'aime beaucoup les contes, depuis toute petite, et les illustrations m'ont ravies. J'ai bien envie de prolonger ce voyage dans l'imaginaire  chinois... Cela tombe bien, six histoires sont déjà parues dans la collection Minorités.
 
 
 
 

jeudi 20 avril 2017

Le démon dans l'escalier, de Julien Noël

Fiche technique :
 
Auteur : Julien Noël
Titre : Le démon dans l'escalier
Editeur / Collection : Walrus / Les livres dont vous êtes le héros
Nombre de pages : 162 (ebook)
Date de parution : Février 2017
 
 
Présentation éditeur :
 
Pas simple de gagner honnêtement sa vie de sorcier lorsque l’on est inconnu et qu’on n’a aucune relation dans le milieu. Pourtant on dirait que c’est votre jour de chance : on vous propose un job. Certes, on est venu vous pêcher dans un bar miteux et ces gens ont l’air d’être dotés de pouvoirs bien supérieurs aux vôtres. Mais soyez lucide : c’est sans doute votre seule chance de percer dans ce métier et de vous faire une réputation. A priori, il s’agit juste de rendre un petit service — un mage, un esprit, une invocation, un enchantement, un démon peut-être. Dans tous les cas, pas de quoi fouetter un chat. Mais pourquoi faire appel à vous si la mission est si facile ?
Vous vous sentez à la hauteur ? Tant mieux, car c’est vous qui serez aux commandes de cette courte aventure dont vous êtes le héros. À vous de faire les bons choix pour ne pas ruiner définitivement vos espoirs de devenir un sorcier reconnu.
 
 
Avis :
 
Connaissez-vous les livres dont vous êtes le héros ? Le principe est simple : vous êtes l'acteur principal du roman, chacune de vos actions influe sur le déroulement de l'intrigue si bien qu'il existe plusieurs fins possibles à une même histoire. Le roman débute normalement, comme n'importe quel roman, sauf qu'à la fin du premier paragraphe plusieurs choix vous sont proposés. Par exemple : un homme vous bouscule, vous allez A - parler gentiment au monsieur ; B - lui donner un coup de poing ou C - faire comme si de rien n'était. Suivant le choix que vous avez fait vous serez dirigés vers le paragraphe 15, 27 ou 84 ; chaque paragraphe est différent et aboutit à de nouvelles propositions d'actions... qui vous mèneront à votre perte ou vous permettront de mener à bien votre mission ! J'adorais les livres dont vous êtes le héros quand j'étais jeune, j'en avais toute une collection que je lisais et relisais jusqu'à réussir les missions : certains étaient plus difficiles que d'autres, mais tous m'emportaient au plus près de l'action et me permettaient de tester différentes personnalités et autant de manières d'appréhender les difficultés.
 
Le démon dans l'escalier est donc un livre dont vous êtes le héros. L'intrigue se passe dans une Belgique alternative où sorciers et démons sont monnaie courante. Alors que vous trainez seul dans un bar, le célèbre et terrifiant Patte-de-Bouc vous propose un petit boulot : serez-vous à la hauteur ou allez-vous le décevoir, à vos risques et périls ? Selon les choix que vous ferez vous serez blessé ou en pleine forme, vous obtiendrez des armes ou maitriserez des sorts (ou aucun des deux), vous vous ferez des amis ou des ennemis, vous serez vivant ou mort... 
« Allons. Sois pas si délicat. La sorcellerie, la vraie, elle est crade. Il faut des fluides : du sang, des larmes, du sperme parfois. Voire même de la chair, dans certains cas. Si t’as pas l’estomac pour le faire toi-même, c’est pas un souci : tu peux sous-traiter à des spécialistes comme le Malais. Mais faut pas faire la vierge effarouchée : tout ça, c’est une réalité — et c’est la nôtre. T’iras pas bien loin dans le métier si tu te voiles la face sur sa nature véritable. » 
L'intrigue est intéressante bien qu'un peu courte à mon goût, du coup j'aimerais beaucoup voir ce monde développé dans d'autres histoires. La mission est simple mais tortueuse, il m'a fallu recommencer cinq fois avant d'arriver à l'accomplir ! Le seul point négatif que je pourrais trouver est la grande part accordée au hasard dans les choix : bien trop souvent à mon goût le lecteur doit choisir un chiffre entre 1 et 10 et le résultat obtenu décide de la suite de l'histoire (sur le même principe qu'un lancer de dé dans un jeu de rôle) ; n'étant pas du tout chanceuse avec le hasard j'aurais préféré plus de décisions actives, mais cela n'enlève rien au plaisir de l'aventure.
 
Un dernier point pour conclure : le format numérique se prête parfaitement à ce type de lecture : un clic sur le choix souhaité vous mène directement au paragraphe concerné, c'est rapide et pratique que ce soit sur liseuse, tablette ou Smartphone. Idéal pour les lectures (souvent interrompues) dans les transports en commun. Et pour ceux qui connaissent, cela n'a plus rien à voir avec la version papier où l'on tournait frénétiquement les pages à la recherche du bon numéro de paragraphe (et où à l'occasion on pouvait tricher en zieutant les différentes évolutions de l'intrigue).
 
Je tiens à remercier Julien Noël, l'auteur, ainsi que les éditions Walrus pour m'avoir proposé cette lecture : j'ai retrouvé avec Le démon dans l'escalier tout le plaisir que j'éprouvais adolescente avec les livres dont vous êtes le héros. Le prix du roman est tout petit, alors n'hésitez pas à le tester, vous passerez j'en suis certaine un bon moment de détente !
 
 
 
 

samedi 15 avril 2017

Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits moments), par Mathou (#1Blog1BD)

Fiche technique :
 
Auteur : Mathou
Titre : Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits moments)
Editeur : Monsieur Pop Corn
Nombre de pages : 135
Date de parution : Novembre 2016
 
 
Quatrième de couverture :
 
Je n’ai pas du tout la prétention de faire un livre pratique pour vous apprendre à être heureux. Je vous propose un livre poétique, pour faire sourire, pour faire rire, pour se dire "ah oui tiens, c’est vrai, j’avais oublié tout ça, comme c’était chouette".
J’aime glaner des petits moments. Mettre de côté dans un coin de ma tête des petits plaisirs, des petits bonbons de bonne humeur ou de joie simple qui me permettent d’avancer et de positiver — parfois.
Ce livre est une succession de mes petits moments à moi, vécus ou fantasmés, bien réels ou rêvés, aperçus, à peine entrevus, passés trop vite... Le temps file et nos souvenirs avec, ce livre est là pour que je me souvienne de ces moments, pour qu'ils m'aident à voir la vie du côté le plus joli possible. J'espère qu'il vous permettra de faire tout pareil. Je vous souhaite mille et un petits moments qui rendront votre vie jolie !
 
 
Avis :
 
Tout est dit dans la quatrième de couverture. Mathou nous présente ici ses petits moments, ceux qui la rendent heureuse, classés en deux catégories : Les petits moments de tous les jours et Les petits moments de temps en temps. L'odeur du premier café du matin, les câlins des enfants, les sorties entres copines ou les séances cocooning sous un plaid devant la télé avec son chéri, tous ces petits moments agréables embellissent l'existence sans que l'on y fasse réellement attention. En lisant cet album, vous ne pourrez que repenser à votre propre expérience et ressentir le bonheur d'avoir vécu ces instants du quotidien.
 
   
© Mathou, Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits moments)
  
Une troisième partie, Les petits mots qui font du bien, se compose d'une série de doubles pages colorées et poétiques associées à quelques mots qui redonnent du courage en cas de baisse de moral : "La pluie c'est pas toujours triste", "Le meilleur reste à venir", "Le bonheur s'entretient tous les jours", etc. A méditer et à appliquer, cela ne fait pas de mal de positiver de temps en temps !
 
  
© Mathou, Tout plaquer et aller prendre un bain (Mes petits moments)
 
J'ai tout adoré dans Tout plaquer et aller prendre un bain, les illustrations pleine page, les dessins tout en rondeur, la mise en scène du quotidien, la douceur et la poésie qui se dégagent de ces scénettes, l'humour présent par petits touches... Cette lecture a embelli ma journée, et je sais que je vais garder l'album à portée de main pour contrer les petits coups de déprime qui m'atteignent parfois.
 
Un grand merci aux éditions Monsieur Pop Corn ainsi qu'au site PriceMinister pour m'avoir fait découvrir ce condensé de petits moments savoureux grâce à l'opération La BD fait son festival (#1Blog1BD).
 
Si vous souhaitez en savoir plus sur Mathou, n'hésitez pas à faire un tour sur son blog ou sur sa page Facebook Crayon d'Humeur, vous y découvrirez une foule d'illustrations toutes plus adorables et amusantes les une que les autres... 
http://crayondhumeur.blogspot.fr/